Chapelle Saint-Jean-Balanant

Mobilier

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Les autels

Les archives de la Commanderie signalent que la chapelle était dotée de six autels, ce qui démontre la richesse de ses revenus. Le maître-autel, constitué d’une longue pierre de granit, était décoré les jours de fête par « un devant d’autel en cuivre doré ». Cette pierre existe toujours mais elle a été démontée en1870 et intégrée dans le sol du choeur. Des six autels initiaux, il en reste deux.

Le maître-autel

Le mobilier actuel est récent

La chaire à prêcher

En 1870, la Fabrique de Plouvien a installé du mobilier en bois provenant de l’église paroissiale après sa reconstruction :  le maître-autel et la balustrade ainsi que la chaire à prêcher . Cette chaire avec son abat-voix intrigue les visiteurs . Il est en effet peu courant dans une chapelle . Sur ses panneaux sculptés on peut observer le glaive et la clé , ainsi que les lettres S et P . Ces symboles s’expliquent par la provenance de la chaire de l’église de Plouvien qui est consacrée aux saints Pierre et Paul .

Les statues sont anciennes

Elles sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques :
Une pietà en bois, datée probablement du 16e siècle, a retrouvé ses couleurs d’origine lors de la restauration de 2015.
Au maître-autel, une statue de Saint-Jean-Baptiste en pierre, portant l’agneau et le Livre, difficile à admirer car placée à contrejour.
À l’angle des murs est et sud, une autre statue en pierre de Jean-Baptiste.
Deux statues en bois du 18e, Jean-Baptiste et le Christ lors du baptême de ce dernier. Lors de la restauration de 2015, le bras droit de Jean n’a pu être refait à défaut de modèle existant. Ces deux statues sont touchantes dans leur naïveté.
À l’autel de droite, un Ecce Homo en pierre.
On peut admirer les belles consoles sculptées dans le kersanton au15e, qui portent les statues.
Au deuxième pilier, sur un autel de pierre, on peut admirer la statue de Saint-Pierre portant livre et clé et celle de Saint-Fiacre portant livre et bêche. Ces deux très belles statues en pierre ont conservé leurs couleurs d’origine.
Surtout ne pas oublier de lever les yeux pour découvrir un Christ en croix, au visage très expressif. Cette très belle œuvre classée a été restaurée en 2004. D’après les archives, elle se trouvait initialement au-dessus du maître-autel, sous un dais.
La statue de Jean-Baptiste la plus connue est celle qui est portée en procession. Elle avait sa place dans une niche de la fontaine avec d’autres représentations de Saint-Jean, hélas disparues. Cette statue en bois polychrome du 18e a aussi bénéficié d’une restauration en 2015.

À l’extérieur, sous les voussures du portail, un magnifique tympan sculpté représente le baptême du Christ par Jean le Baptiste. Cette sculpture a des points communs avec une scène de la basilique du Folgoët, ce qui permet de penser que l’on a eu affaire au même artiste.
Un Ecce Homo est posé sur le bénitier en kersanton récemment restauré.

La chapelle possède donc au total cinq représentations de Saint-Jean, sans compter celles de la fontaine qui ont disparu au 20e siècle (Ch . Perennès ). Ce n’est guère étonnant. N’oublions pas que cette chapelle lui était consacrée. Il était le saint patron des Hospitaliers.

En images

 Un reliquaire a été retrouvé ! (mai 2023)

Dans les rapports de visite de la Commanderie de La Feuillée, dont dépendait Saint-Jean-Balanant, il est fait mention de reliques de saint Jean-Baptiste.
En 1682 , le compte-rendu de visite signale « une petite cassette de bois dans laquelle est enfermée une main d’argent où sont enchassées des reliques de saint Jean-Baptiste ».
En 1708 , une nouvelle visite signale « dans la sacristie , on trouve un grand bras d’argent dans une cassette de bois où est une grande relique de la longueur de quatre /… / que l’on dit être de saint Yan »

On a perdu la trace du bras en argent. La révolution a pu lui être fatale.
Par contre, les pélerins des années 1950 avaient encore le souvenir d’un reliquaire que l’on baisait à la fin des vêpres, le jour du pardon.
Des recherches ont été entreprises au printemps 2023 et elles ont été couronnées de succès !
Ce reliquaire a été retrouvé, oublié, dans un tiroir de sacristie . Cet abandon l’a peut-être sauvé . Nombre d’objets de culte ont disparu, parce que volés, négociés ou simplement mis au rebut.

Après avoir consulté les services de l’évéché de Quimper en charge des objets sacrés , il apparaît que ce reliquaire retrouvé date du 19e . Il n’est pas rare de trouver ce type d’objet sacré de modeste facture . Il a cependant la valeur que lui octroyaient les pélerins qui venaient faire leurs dévotions de croyants auprès de Saint-Jean-Baptiste qu’ils venaient prier.
Il n’est sans doute pas l’héritier des reliques qui se trouvaient avant la Révolution dans le bras en argent . Le simple éclat d’os présent dans le reliquaire du 19e n’a vraisemblablement rien de commun avec l’ossement du 17e qui , d’après les comptes-rendus de visite était un os de forme longue , ayant quatre … ? de long , soit environ 10 cm si le mot illisible est « pouces ».
Cet éclat serait-il, alors, la relique signalée également en 1682 enchassé dans une croix en argent ? Nous n’avons aucun écrit pour le savoir.

Qu’est devenu le bras en argent signalé en 1682 , 1708 , 1727 ?
La piste possible aux archives départementales de Quimper s’éteint dans la mesure où il n’a pas été mentionné dans les objets précieux réquisitionnés en 1791. Il a peut-être été sauvegardé par des « fidèles » ou tout simplement subtilisé . On n’en saura vraisemblablement jamais rien.