Chapelle Saint-Jean-Balanant

Vitraux

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Dans les deux tympans et les têtes de lancettes, d’anciens vitraux très rares et précieux

Les anciens blasons ont été sauvegardés. Ils datent de la construction de la chapelle.
Les parties manquantes ont été refaites sur la base des relevés de 1614 réalisés par Jean Bouricquen. Cet ensemble a été restauré ou créé par Antoine Le Bihan et Laurence Cuzange qui ont leur atelier à Quimper.

On repère rapidement un lion bleu présenté par un angelot aux cheveux bouclés. Les héraldistes connaissent bien ce blason. Il s’agit des armes de la famille de Kermavan, connue aussi sous le nom de Carman. Leur fief se situait à Kernilis, à cinq kilomètres de la chapelle, par les chemins de Plouvien. Il est ainsi décrit : « d’or au lion d’azur, chargé sur l’épaule d’une tour d’argent portée sur une demi-roue de même ».
La place de leurs armes au sommet des baies s’explique par leur rôle de mécène dans la construction de la chapelle. Ils ont donc ce que l’on appelle la prééminence, la place d’honneur.

Outre le lion d’azur des Kermavan, nous repérons le lion « sable » des armes de Léon qui font le pendant des armes de Kermavan. Les Kermavan s’enorgueillissent de l’alliance ancienne avec cette famille prestigieuse. Ils placent les deux armoiries au même niveau et à égalité.
Quant aux hermines du duc de Bretagne, elles sont dans les soufflets supérieurs. C’est leur place, tout au sommet de la hiérarchie.

On peut voir d’autres blasons dans les têtes des lancettes. Ce sont les armoiries de familles du Léon qui se sont liées, par mariage, aux Kermavan, aux 14e et 15e siècles : De Quélen, Rosmadec, Pennaneac’h , Léon,du Châtel. Les Hospitaliers ont ajouté, au 17e, leurs armes dans le dernier lobe, à droite : « De gueules à la croix d’argent ».

Pour valoriser les blasons, l’artiste peintre-verrier du 15e a réalisé de beaux dessins colorisés dans les quadrilobes et les mouchettes.
La technique utilisée, les traits, les couleurs nous rappellent les vitraux de l’église de Runan dans les Côtes d’Armor. Ceci peut s’expliquer car Runan était, comme Saint-Jean-Balanant, propriété des Hospitaliers. Vu la qualité du travail, nous avons affaire, dans les deux sites, à un artiste au talent assuré.

En images

Nous savons ce qui existait dans les baies géminées

Les vitraux des lancettes ayant complètement disparu, l’architecte, Piotr Candio a fait le choix de créer de nouveaux vitraux. Leur réalisation a été confiée à Aurélie Habasque-Tobie qui a son atelier sur Guissény.
Leurs harmonies colorées se veulent en lien avec les anciens vitraux de la partie supérieure et les peintures murales du mur nord de la nef.

Nous savons ce qui existait dans les baies géminées

En 1614, le sieur de Maillé, descendant de Tanguy de Kermavan, donateur de la chapelle, a fait faire le relevé de toutes les preuves des prééminences de sa famille, c’est-à- dire de ses prérogatives. Les relevés ont été réalisés dans les 36 églises ou chapelles placées sous son autorité dans le Léon, dont Saint-Jean-Balanant.
C’est Jean Bouricquen, peintre-verrier de Saint-Pol-de-Léon, qui a effectué ces relevés.
Grâce à ses dessins nous connaissons donc les vitraux que la famille de Kermavan a fait réaliser en 1440.

Les donateurs se mettaient en scène

Dans la baie nord, Tanguy de Kermavan, père, le sieur en titre.
Il se présente agenouillé, en prière, en armure, l’épée au côté.
Derrière lui, Aliette de Quélen qu’il a épousée en 1409.
À la date de la réalisation des vitraux, vers 1440, Tanguy de Kermavan est au faîte de son pouvoir.
Il est homme de guerre, fidèle du duc Jean V. En 1420, il a participé, avec ses hommes, à la délivrance du duc, prisonnier des Penthièvre à Champtoceaux. Il a gagné la reconnaissance et la gratitude du duc qui l’a nommé chambellan à plusieurs reprises. Il est capitaine de Brest de 1423 à 1432. Il y exerce des activités commerciales maritimes fort lucratives.
En 1454, après qu’il eut fait construire son château fortifié à Kernilis, sa terre de Carman a été érigée en bannière.

Dans la baie sud, Tanguy de Kermavan, fils du donateur.
Le tableau le montre dans la même attitude que son père, agenouillé, priant, en cotte armoriée, l’épée au côté.
Lui aussi est homme de guerre, fidèle des ducs de Bretagne. On le trouve chambellan du duc François II en 1471. Il se battra pour la Bretagne jusqu’au combat funeste de Saint-Aubin du Cormier où il sera fait prisonnier le 28 juillet 1488.
Derrière Tanguy se trouve son épouse, Marguerite du Châtel, fille d’Olivier, sieur de Trémazan, reconnu pour son rang et sa bravoure.
Nul doute ce mariage consacre l’arrivée des Kermavan dans le cercle des familles nobles de haut rang dans l’évéché de Léon.

En savoir plus

Consultez le site Internet de ARmorial Monumental du Moyen-Âge