Chapelle Saint-Jean-Balanant

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L’histoire de Saint-Jean-Balanant

La chapelle Saint-Jean-Balanant est le seul bâtiment qui subsiste d’un prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Celui-ci était déjà mentionné sous le nom de Bannadlanc dans une charte du duc Conan IV datée de 1160. Cette commanderie sera ultérieurement rattachée à celle de La Feuillée.
Comme de nombreuses commanderies, elle a pu s’installer à proximité d’un axe majeur de circulation, ici une ancienne voie qui franchissait la rivière Aber Benoît.

La chapelle actuelle date de la première moitié du 15e siècle. La construction a été menée d’un seul jet dans les années 1430-40. On retient la date de 1443 pour marquer la fin du chantier.
Nous ne connaissons pas la répartition exacte des rôles entre l’ordre des Hospitaliers et des mécènes qui ont apporté leur contribution. Nous savons que trois familles nobles du secteur ont participé à la construction. La famille de Kermavan (Carman) de Kernilis pour la nef. Les Marc’hec pour le bas-côté sud. Les Penmarch de Saint-Frégant possédaient un transept nord où ils avaient droit de sépulture. Cette chapelle privée a été démolie à la fin du 18e pour être remplacée par la sacristie actuelle.

Il restait quelques armoiries au sommet des baies géminées de la nef. Bien que fort dégradées, elles n’en demeurent pas moins des témoins uniques de l’histoire de la famille de Kermavan, donatrice de la chapelle, et des familles nobles du Léon au 15e. Leur restauration permet fort heureusement de sauvegarder ces armoiries mentionnées dans les « prééminences de Carman » de 1614.

L’examen des formes du bâtiment, des chapiteaux, réseaux, moulures, plinthes et sculptures, l’emploi des matériaux, tout concourt aux ressemblances avec la collégiale Notre-Dame du Folgoët, distante de moins de dix kilomètres. Ce sont les mêmes compagnons qui ont construit les deux édifices.

Au sud de la chapelle étaient accolés deux bâtiments appelés « la Commanderie ». Ce manoir a été démoli au 19e siècle. Un moulin alimenté par un étang participait à l’économie de ce village, fort d’une quinzaine de foyers en 1831.

À proximité de la chapelle, on trouve la fontaine, autrefois située au centre de la cour manale.

La visite de 1617 mentionne un cimetière dans la proximité immédiate de la chapelle. Il reste à découvrir son emplacement exact, sans doute au nord de l’édifice.

En 1682, le compte-rendu de visite de la Commanderie de la Feuillée mentionne les ruines d’une chapelle dédiée à saint Guérin (Guerrain), située à l’ouest de la route. Cette dernière relevant du domaine séculier a pu coexister dans le quartier avec la chapelle Saint-Jean qui relevait, quant à elle, de l’ordre des Hospitaliers et n’avait donc pas de liens avec la paroisse.

De belles peintures murales, insoupçonnées car recouvertes de multiples couches de chaux, ont été mises à jour à l’occasion des travaux et restaurées en 2022. Une dizaine de tableaux retracent la vie et le martyre de Jean Baptiste. Ces belles peintures datent de la fin du 16e. Cela correspond pour les Hospitaliers à une période glorieuse après leur victoire sur les Ottomans en 1565 qui leur a valu l’appellation « Ordre de Malte ».

La chapelle Saint-Jean-Balanant a été classée Monument Historique en 1913.

En savoir plus

Consultez le site Internet de ARmorial Monumental du Moyen-Âge